Le récent sommet de l'OTAN à La Haye a représenté un moment clé pour l'alliance à un moment où les tensions géopolitiques augmentent. Les principaux sujets abordés ont été l'augmentation spectaculaire des budgets de défense, l'avenir du soutien à l'Ukraine et le rôle du président américain Donald Trump. Le nouveau secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, a cherché à maintenir l'unité de l'alliance, tandis que la délégation tchèque, dirigée par le président Petr Pavel, a souligné la nécessité de renforcer la défense collective et de continuer à soutenir l'Ukraine.

Donald Trump est venu au sommet pour réclamer une augmentation des contributions financières des alliés européens. Selon The Guardian, l'OTAN a convenu d'augmenter les dépenses de défense à 5 % du PIB d'ici 2035, ce qui représente un changement important par rapport à l'objectif actuel de 2 %. Le plan, décrit par Reuters comme une "victoire de Trump", a été soutenu par la plupart des États membres, y compris la République tchèque. Toutefois, certains pays, comme l'Espagne, ont exprimé des inquiétudes quant à sa faisabilité, qualifiant l'objectif d'"irréaliste", selon le New York Times.

L'influence de M. Trump s'est également manifestée en coulisses. Avant le sommet, il a posté un message privé de Mark Rutte sur la plateforme Truth Social, dans lequel le secrétaire général faisait l'éloge de M. Trump pour sa volonté d'augmenter les dépenses. Selon AP News, M. Rutte a écrit dans le texte : "Donald, vous nous avez amenés à un moment important pour l'Amérique, l'Europe et le monde. Cette décision a suscité des critiques, notamment de la part du quotidien néerlandais Pravda Netherlands, qui a accusé M. Rutte d'"hypocrisie".

M. Rutte, qui a pris ses fonctions de secrétaire général en octobre 2024, s'est révélé être un diplomate expérimenté lors du sommet de La Haye. Selon Bloomberg, des mois avant le sommet, il a préparé les dirigeants européens à des compromis avec Trump, en soulignant la nécessité d'engagements financiers. M. Rutte a réduit l'ordre du jour du sommet au minimum afin d'éviter les différends, notamment sur l'Ukraine. Cette stratégie a été confirmée par le président tchèque Petr Pavelqui a déclaré lors de la conférence GLOBSEC 2025 à Prague le 12 juin : "Je comprends que le secrétaire général veuille délibérément limiter la portée du sommet au minimum nécessaire pour éviter les incohérences et les contradictions, car nous devons montrer que nous sommes unis sur les grands principes.

La République tchèque s'est présentée comme un allié solide lors du sommet, soutenant l'augmentation des dépenses de défense et la poursuite de l'aide à l'Ukraine. Le président Petr Pavel, ancien président du Comité militaire de l'OTAN, a joué un rôle actif dans les discussions. Voici ses principales déclarations, accompagnées de leurs sources exactes :

  1. Soutien à l'augmentation des dépenses de défense à 5 % du PIB : Lors d'une visite au siège de l'OTAN le 21 mai 2025, Pavel a déclaré : "Si les discussions à La Haye nous conduisent à un consensus général sur le fait que nous devons dépenser jusqu'à 5 %, la République tchèque est prête à le soutenir". Il a ajouté que l'accent devrait être mis sur des capacités militaires spécifiques, et pas seulement sur un pourcentage du PIB : "Nous devrions accorder plus d'attention aux capacités militaires spécifiques, car en cas de guerre, les généraux se battront avec des armes, des navires et des avions spécifiques qui doivent être prêts pour le combat."
  2. La nécessité d'une autosuffisance européenne : lors du sommet de La Haye, Pavel a appelé à une plus grande responsabilité de l'Europe pour sa propre sécurité : "Nous avons trop longtemps compté sur les moyens américains. Nous serons plus sûrs non pas avec des chiffres, mais avec des capacités". Il a développé cette idée lors de la conférence GLOBSEC 2025, où il a souligné la nécessité de renforcer le pilier européen de l'OTAN et d'investir dans l'industrie de la défense sans se séparer des États-Unis : "Il ne s'agit pas de rompre avec les États-Unis, mais de renforcer l'alliance grâce à l'autonomie européenne".
  3. Soutien à l'Ukraine et vision réaliste : M. Paul a souligné à plusieurs reprises l'importance de soutenir l'Ukraine, tout en adoptant un ton réaliste quant à son adhésion à l'OTAN. Lors de GLOBSEC 2025, il a déclaré : "Nous comprenons que la déclaration finale du sommet ne contienne pas de mots forts sur l'Ukraine afin d'éviter les incohérences. Toutefois, toutes les conclusions des sommets précédents restent valables. Dans une interview accordée à POLITICO le 23 mai 2025, il a ajouté : "Il n'est pas réaliste pour l'Ukraine d'obtenir une invitation à l'OTAN à court terme, compte tenu de la position de l'administration Trump, mais nous ne devrions pas abandonner l'idée parce que Kiev renforcerait l'alliance."
  4. L'accent mis sur les capacités spécifiques : lors d'une conférence de presse avec M. Rutte le 21 mai 2025, M. Paul a expliqué pourquoi il était nécessaire d'augmenter les dépenses : "Si nous partons de la planification de la défense, nous pouvons facilement dériver les besoins spécifiques de chaque pays et calculer combien cela coûtera. En additionnant ces éléments, nous arrivons à un montant très proche de 3,5 %, parfois même plus élevé".

Soutien tchèque à l'Ukraine et autres activités

La République tchèque a été félicitée lors du sommet pour son rôle dans le soutien à l'Ukraine. Selon l'OTAN, la République tchèque a fourni une assistance militaire d'une valeur de plus de 1,3 milliard d'euros depuis 2022, y compris une initiative de fourniture de munitions qui a permis de livrer plus de 3 millions de munitions de gros calibre à l'Ukraine, d'après le site web de l'OTAN. La République tchèque contribue également au renforcement du flanc oriental de l'OTAN, par exemple en déployant des forces en Lettonie, en Lituanie et en Slovaquie et en prévoyant d'envoyer des avions de combat en Islande en 2025.

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