Il existe très peu de concepts aussi fondamentaux – et pourtant aussi largement mal compris – dans la finance mondiale que le "fractional-reserve banking" (système bancaire à réserves fractionnaires). C'est un moteur silencieux qui alimente la création de crédit, la liquidité et la croissance économique, mais il représente également un risque systémique s'il est mal compris ou mal géré.

En substance, le fractional-reserve banking fait référence à la pratique selon laquelle les banques commerciales ne sont tenues de conserver qu'une partie des dépôts de leurs clients en réserves, tandis que le reste est utilisé à des fins de prêt ou d'investissement. Ce système permet aux banques de créer de nouveaux crédits en multipliant les dépôts initiaux dans toute l'économie – un processus connu sous le nom d'effet multiplicateur monétaire, ou multiplication des dépôts.

Par exemple, lorsqu'un client dépose 1 000 euros, la banque peut conserver seulement 10 % (100 euros) et prêter les 900 euros restants. Ces 900 euros peuvent être redéposés et prêtés à nouveau plusieurs fois, ce qui permet de créer des milliers de crédits à partir d'un seul dépôt initial. Bien que cela stimule l'activité économique, cela dépend fortement de la confiance du public, d'une gestion prudente de la liquidité et de la surveillance de la banque centrale.

Contrairement aux systèmes historiques qui imposaient un taux de réserves fixe, les réglementations modernes, telles que le ratio de couverture de la liquidité (LCR) et le ratio de financement stable net (NSFR) dans le cadre de Basel III et IV, visent à garantir que les banques soient en mesure de faire face à leurs obligations à court et à long terme, même dans des situations de stress.

Cependant, le modèle fractionnaire implique que les déposants sont en réalité des créanciers non garantis, car les dépôts deviennent une obligation de la banque. Dans des situations de crise, comme le krach financier mondial de 2008 ou la crise bancaire chypriote de 2013, cette structure financière peut s'avérer particulièrement instable. Néanmoins, ce système reste la norme mondiale, car il permet une expansion du crédit, une intermédiation financière et une création de capitaux à une échelle inégalée par tout autre modèle.

À une époque où les banques centrales explorent l'avenir de la monnaie par le biais des monnaies numériques de banque centrale (CBDC) et des propositions de banque étroite, le débat sur le niveau de levier et de risque qui devraient exister dans les systèmes basés sur les dépôts refait surface. Tant que le public fait confiance au secteur bancaire, le fractional-reserve banking reste, et reste probablement, la pierre angulaire de l'architecture monétaire mondiale – un système efficace, puissant et finement équilibré.

Pour en savoir plus, consultez la première partie de notre série sur gnews.cz

Première partie : Le krach du marché mondial des obligations : Pourquoi quatre décennies de stabilité ont pris fin et ce que cela signifie pour vous. Plus d'informations ici

Deuxième partie : Qui est le véritable propriétaire de vos dépôts bancaires ? Selon le droit de l'UE, ce n'est pas vous. Plus d'informations ici

Troisième partie : L'argent que vous possédez est-il réellement sur votre compte bancaire ? La vérité juridique dans toute l'UE et ce qui arrive à votre argent en cas de crise bancaire. Plus d'informations ici.

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