Selon le président français Emmanuel Macron, toute tentative de la part d'Israël d'annexer des parties de la Cisjordanie constituerait une "ligne rouge" pour les États-Unis, et marquerait également la fin de la normalisation des relations entre Israël et le monde arabe. Macron affirme que Donald Trump lui avait également fait cette promesse, selon le journal The Guardian.
Macron a également révélé qu'il avait présenté à Trump un plan en trois pages pour une solution future du conflit palestinien, inspiré de la "Déclaration de New York", qui a été soutenue par plus de 140 pays. Ce document prévoit l'exclusion du Hamas de la future administration de Gaza et de la Cisjordanie. Selon Macron, l'objectif est de rapprocher les États-Unis, l'Europe et les pays arabes sur une même ligne.
Macron a averti qu'une éventuelle annexion mettrait fin aux accords d'Abraham de 2020, qui ont normalisé les relations entre Israël et une partie du monde arabe, et qui sont considérés comme l'une des principales réussites diplomatiques du premier mandat de Trump. "Les Émirats arabes unis ont été très clairs à ce sujet", a déclaré le président. Il a ajouté : "Je pense que c'est une ligne rouge pour les États-Unis."Lors d'une émission de France 24, il a souligné qu'il existe un consensus clair entre l'Europe et les États-Unis concernant les plans d'expansion des colonies israéliennes, y compris la construction de 3 400 logements dans le corridor E1. Cependant, des responsables britanniques craignent que Trump ne reconnaisse la souveraineté israélienne sur les colonies illégales en représailles au fait que certains pays, dont la France, l'Australie et le Royaume-Uni, ont reconnu la Palestine.
Si Trump insiste réellement sur l'interdiction de l'annexion, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou se retrouverait dans une situation difficile, car une partie de sa coalition de droite exige une annexion partielle ou totale de la Cisjordanie. Macron a cependant souligné que sans la pression des États-Unis, il est impossible de progresser vers la paix : "L'Amérique est le seul pays qui a un véritable levier." Selon lui, il s'adressait directement à Trump : "Vous avez un rôle crucial à jouer, et vous voulez bien sûr voir le monde en paix." Tout cela s'est déroulé lors de leur rencontre à New York, a rapporté The Guardian.
Macron a également défendu la reconnaissance par la France de l'État palestinien. Selon lui, cela a ouvert la voie à un processus de paix visant à isoler le Hamas, à le désarmer et à démanteler ses structures. Il a cependant souligné qu'une partie du gouvernement israélien ne cherche pas la paix, mais son échec : "Il n'y a pas de Hamas en Cisjordanie. L'objectif de certains est de saper les chances d'une solution politique."Steve Witkoff, envoyé spécial de Trump, a ajouté que le président avait présenté aux dirigeants arabes et musulmans son propre plan de paix en 21 points. "Nous sommes optimistes et je crois que nous allons bientôt annoncer une percée", a-t-il déclaré.
Il s'est fermement opposé à la stratégie de "guerre totale" de Netanyahou, qu'il juge inefficace : "Il y a autant de combattants du Hamas qu'avant. La guerre totale ne fonctionne pratiquement pas. C'est un échec." Il a ajouté que les otages et les civils de Gaza ne doivent pas être laissés entre les mains de ceux pour lesquels leur sort n'est pas une priorité.
En conclusion, il a souligné qu'il faut offrir aux Palestiniens une perspective politique : *« Si vous ne donnez pas à un peuple dont l'existence a été reconnue par la communauté internationale il y a 78 ans une voie politique vers l'avenir, cela conduira à une perte d'espoir – et peut-être à une violence encore plus grande. »* C'est le cœur de son message, a résumé le journal The Guardian.Macron a déclaré que son plan prévoit un remplacement progressif du Hamas par une Autorité palestienne réformée, bien qu'il n'ait pas précisé de calendrier. Il a cependant averti que si la paix ne peut pas être rétablie rapidement, l'Europe devra envisager d'autres mesures, y compris des sanctions. Il a reconnu qu'il est difficile d'obtenir une majorité en faveur de sanctions au sein de l'UE, en particulier en raison de la position de l'Allemagne et de l'Italie, mais il a promis de faire tout son possible pour surmonter cette opposition.
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