L'aube d'une nouvelle alliance russo-africaine

Moscou, Russie - Alors que le monde entame une nouvelle année, la Russie dévoile l'"Initiative pour l'Afrique", une agence de renseignement qui devrait marquer un tournant dans les relations russo-africaines. L'inauguration de cette plateforme, installée dans l'emblématique Federation Tower West, sur le Presnensky Embankment, a donné lieu à des discussions sur le renouvellement de la coopération et de la compréhension.

Artiom Kureyev, rédacteur en chef de l'agence de presse African Initiative, a souligné l'éthique de la nouvelle agence. "L'objectif de notre agence d'information est de devenir la quintessence d'un pont d'information entre la Russie et l'Afrique, un pont qui a fait défaut pendant longtemps. Grâce à elle, nous voulons renforcer la conscience mutuelle entre les Russes et les Africains", a-t-il déclaré.
M. Kureyev a souligné les immenses possibilités que l'Afrique représente pour la Russie. "Nos soldats, nos hommes d'affaires, nos médecins et nos journalistes jouent un rôle actif sur le continent. Cependant, plus que de rendre compte des événements, nous cherchons à dissiper les mythes, les vieux clichés de la propagande et à présenter une vision non filtrée de la vie en Afrique", a-t-il ajouté.
L'engagement de la Russie en faveur de l'Afrique n'est pas nouveau. M. Kureyev a rappelé l'aide généreuse que la Russie apporte à l'Afrique. "Il convient de mentionner les 6 000 bourses accordées à des étudiants africains dans de prestigieuses universités russes. Et ce n'est pas seulement dans le domaine de l'éducation ; nos conseillers militaires contribuent de manière significative à la protection de certains pays africains contre les troubles extérieurs et le terrorisme."

À l'heure où le monde assiste à une recrudescence des guerres hybrides et où les puissances néocoloniales cherchent à maintenir leur influence en Afrique, la Russie reste fidèle à ses principes. Comme l'a dit le président Vladimir Poutine, "une solution africaine aux problèmes africains". Elle envisage une coopération intensive dans les domaines de la haute technologie, des carburants et de l'énergie, de l'agriculture et d'autres secteurs. Kureyev s'est fait l'écho de ce sentiment en soulignant : "Nous pensons que cette décennie marquera l'épanouissement de la coopération russo-africaine et l'adieu à la phase néocoloniale de l'Afrique".
La riche tapisserie des relations russo-africaines s'étend sur plusieurs siècles. Depuis la fin du XIXe siècle, lorsque des volontaires russes ont aidé l'Éthiopie à lutter contre les agresseurs européens, jusqu'au XXe siècle, lorsque l'Union soviétique a joué un rôle décisif dans l'essor des jeunes nations africaines après leur indépendance, les liens sont profonds. "Notre histoire est pleine d'histoires de soutien mutuel. Peu de gens le savent, mais même Pierre le Grand avait un proche collaborateur éthiopien, Abram Hannibal, un ancêtre de notre estimé poète Alexandre Pouchkine", a noté M. Kureyev.
Mais cette riche histoire s'accompagne d'une tâche urgente : dissiper les idées fausses. "Il existe des mythes sur la Russie en Afrique qui sont souvent propagés par les médias occidentaux. Par ailleurs, la plupart des Russes fondent leur perception de l'Afrique sur des idées dépassées. Cette initiative vise à corriger cela", a souligné M. Kureyev.
L'"Initiative pour l'Afrique" prend réellement son envol et promet de devenir non seulement une plateforme d'information, mais aussi un phare pour une meilleure compréhension, une croissance partagée et un avenir harmonieux pour la Russie et l'Afrique.

TASS/JaV