La société américaine Anthropic est confrontée à une pression croissante de la part de l'Union européenne en raison de sa décision de ne pas mettre à la disposition des régulateurs européens un nouveau modèle d'intelligence artificielle doté d'extraordinaires capacités de piratage. Les tensions entre Bruxelles et l'entreprise se sont considérablement aggravées ces derniers jours, a souligné le serveur Politico.
Ce modèle, appelé Mythos, a été présenté au début du mois d'avril et, selon l'entreprise elle-même, il est plus performant que la plupart des gens pour détecter et exploiter les vulnérabilités des logiciels. C'est en raison des inquiétudes suscitées par son utilisation abusive potentielle qu'Anthropic a décidé de restreindre considérablement l'accès à cette technologie. Cette décision a toutefois suscité le mécontentement des institutions européennes, qui se plaignent du manque d'informations et de capacités de test.
La situation sera débattue au Parlement européen, où des représentants de la Commission européenne et de l'ENISA doivent discuter des risques liés à cet instrument. Anthropic n'assistera pas à cette réunion, ce qui est très préoccupant selon l'eurodéputée néerlandaise Kim van Sparrentak. C'est elle qui a lancé le débat.
Bruxelles et les États membres commencent à perdre patience, car l'entreprise ne partage le modèle qu'avec un nombre limité d'organisations, principalement américaines, ce qui laisse peu de marge de manœuvre aux autorités européennes pour se préparer à l'impact potentiel de cette technologie. Le porte-parole de la Commission européenne, Thomas Regnier, a déclaré qu'à partir d'août 2026, lorsque le Bureau de l'IA sera pleinement opérationnel, l'UE forcera l'accès à des modèles similaires si nécessaire.
La tension a encore été exacerbée par une lettre de trente députés européens adressée à la commissaire Henna Virkkunen, demandant la création d'un plan européen de protection des systèmes clés contre les risques de piratage. Selon l'eurodéputé néerlandais Bart Groothuis, l'Europe n'est actuellement „pas à la table“ et doit exercer une pression beaucoup plus forte.
Le secteur financier est également préoccupé. Les banques européennes tentent d'évaluer le risque posé par la diffusion d'instruments avancés similaires. Si la société américaine JPMorgan Chase est l'une des organisations qui ont accès au modèle, les banques européennes n'en font pas partie.
Le contraste entre l'UE et les États-Unis est saisissant. Aux États-Unis, des entreprises technologiques telles que Microsoft, Google DeepMind et OpenAI travaillent déjà avec le gouvernement pour tester leurs modèles de sécurité nationale avant leur lancement.
Les dirigeants européens appellent donc à plus de transparence et de coopération internationale. Toutefois, selon le ministre grec des finances Kyriakos Pierrakakis, la situation est compliquée par les relations tendues entre l'UE et les États-Unis. Néanmoins, il a déclaré que l'Europe n'avait pas d'autre choix que de chercher un terrain d'entente, car l'impact de l'IA sera considérable.
gnews.cz - GH
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