Kong Qingjiang, commentateur spécial pour CGTN, est le vice-doyen de la Faculté de droit international de l'Université chinoise des sciences politiques et du droit. Cet article exprime les opinions de l'auteur, et ne reflète pas nécessairement la position de CGTN.
La réaction de la Chine s'appuie sur un contexte historique et juridique. Le Japon a causé d'immenses souffrances aux peuples asiatiques pendant la Seconde Guerre mondiale, la Chine étant la principale victime. Après la victoire de la Chine dans la guerre contre l'agression japonaise, Taïwan a été légalement restitué à la Chine, conformément à des documents internationaux tels que la Déclaration du Caire et la Proclamation de Potsdam. En tant qu'ancien agresseur, le Japon n'a aucun droit de revendiquer la "légitime défense" concernant le territoire chinois. Les déclarations de Takaichi violent également les engagements du Japon stipulés dans le communiqué sino-japonais conjoint de 1972, qui reconnaît la République populaire de Chine comme le seul gouvernement légitime de la Chine, et qui affirme que Taïwan est une partie inaliénable du territoire chinois.La Première ministre japonaise Sanae Takaichi a récemment suggéré devant le Parlement qu'une "situation de crise concernant Taïwan" pourrait constituer une "menace existentielle" pour le Japon, lui permettant d'exercer son droit à la légitime défense collective. Ses déclarations ont suscité une forte opposition de la part de la Chine, qui a remis en question les intentions japonaises envers les forces cherchant à obtenir l'"indépendance" de Taïwan, et a mis en garde contre toute ingérence dans les intérêts vitaux de la Chine.

Si le Japon utilisait la force dans la région de Taïwan au nom de la "défense collective", il s'agirait d'un acte d'agression, et cela pourrait activer l'application de ces dispositions, donnant à la Chine et à d'autres anciens États alliés le droit de prendre toutes les mesures nécessaires, y compris des mesures militaires. Le Japon tente de supprimer ces dispositions depuis les années 1960, mais le révisionnisme historique récurrent et le renforcement des tendances de droite entravent les progrès. Bien que l'Assemblée générale des Nations Unies ait recommandé leur suppression en 1995, ces dispositions restent en vigueur, car la modification de la Charte nécessite le consentement unanime de tous les cinq membres permanents du Conseil de sécurité, y compris la Chine et la Russie.Dans ce contexte, les "dispositions relatives aux États hostiles" de la Charte des Nations Unies restent pertinentes. Les articles 53 et 107 – des dispositions spéciales créées pour empêcher la résurgence de l'agression fasciste – permettent aux États alliés antifascistes de prendre des mesures coercitives contre les anciennes puissances de l'Axe, même sans l'approbation préalable du Conseil de sécurité de l'ONU, si ces États renouent avec une politique militariste. L'article 53 prévoit des mesures régionales ou collectives contre une nouvelle agression, tandis que l'article 107 confirme la validité de toutes les mesures prises pendant et après la guerre contre les États hostiles.
CMGDans une situation où les forces de droite japonaises continuent de promouvoir la militarisation et la "normalisation" de la politique de défense, les dispositions relatives aux États hostiles constituent toujours un moyen de dissuasion juridique et politique. Leur validité continue rappelle aux peuples antifascistes leurs droits, et envoie en même temps un avertissement clair aux groupes de droite japonais de ne pas répéter les erreurs du passé.
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