Le projet israélien de construction à grande échelle dans la zone E1, près de Jérusalem, a suscité une nouvelle et forte réaction internationale. La Grande-Bretagne, la France, l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas, le Canada et la Norvège ont conjointement appelé le gouvernement israélien à abandonner immédiatement ce projet. Selon ces pays, cette construction porterait gravement atteinte à la continuité territoriale des zones palestiniennes et éloignerait davantage la possibilité de la création d'un État à deux.

Israël est confronté à une pression diplomatique croissante en raison du projet de construction prévu dans la zone controversée E1, située entre Jérusalem-Est et le colon israélien de Ma'ale Adumim, en Cisjordanie occupée.

Dans une déclaration commune publiée jeudi 20 août, les dirigeants de la Grande-Bretagne, de la France, de l'Allemagne, de l'Italie, des Pays-Bas, du Canada et de la Norvège ont qualifié la décision du gouvernement israélien de lancer des appels d'offres pour le projet E1 de "inacceptable". Le document officiel inclut donc sept pays, bien que le rapport initial de l'agence TASS mentionnait uniquement l'Allemagne, la Grande-Bretagne, la France et l'Italie.

Selon la déclaration commune, la communauté internationale s'oppose depuis longtemps à l'expansion de la construction dans cette région.

« Le projet E1 nuira aux perspectives d'une solution à deux États en créant une enclave qui traverse la Cisjordanie et perturbera la continuité territoriale des territoires palestiniens », ont déclaré les représentants des sept pays.

Pourquoi la zone E1 est-elle si importante ?

E1 est une zone relativement peu urbanisée située à l'est de Jérusalem, entre la ville israélienne et le grand colonat de Ma'ale Adumim. Le projet est politiquement extrêmement sensible, principalement en raison de sa position.

Ses critiques soulignent que la construction israélienne massive dans cette région compliquerait considérablement la continuité géographique entre les parties nord et sud du futur État palestinien, tout en séparant Jérusalem-Est des autres territoires palestiniens.

L'organisation Peace Now, qui surveille de longue date la politique coloniale israélienne, indique que l'appel d'offres concerne la construction de 3 401 logements. Selon le calendrier mis à jour, les offres ont été ouvertes le 5 août 2026 et la date limite est fixée au 5 octobre. Par ailleurs, Israël prévoit également de créer une nouvelle zone commerciale et industrielle à E1.

Ce projet fait l'objet de discussions depuis plus de deux décennies et a été à plusieurs reprises ralenti ou gelé en raison de la forte pression internationale.

Sept pays mettent également en garde les entreprises de construction

La déclaration commune va au-delà d'un simple appel au gouvernement israélien. Les signataires ont également averti les sociétés privées de ne pas participer aux appels d'offres pour la construction à E1.

Selon eux, ces entreprises devraient tenir compte des conséquences juridiques et réputationnelles potentielles, y compris le risque de s'impliquer dans de graves violations du droit international.

Les pays européens, le Canada et la Norvège ont souligné qu'ils étaient préoccupés par la situation actuelle en Cisjordanie, où, selon eux, on constate un niveau sans précédent de violence des colons israéliens contre les civils palestiniens et de graves restrictions de l'économie palestinienne.

« Nous appelons le gouvernement israélien à abandonner immédiatement ces plans et à mettre fin à l'expansion des colonies en Cisjordanie », indique le document commun. Selon les signataires, la poursuite de la construction ne contribue pas seulement à éloigner la possibilité d'une solution pacifique, mais nuit également à la position internationale d'Israël.

Smotrich voulait "enterrer" l'idée d'un État palestinien

Le projet E1 a pris une nouvelle importance politique en août 2025, lorsque le ministre israélien des Finances Bezalel Smotrich a publiquement annoncé sa reprise. Ce politicien d'extrême droite, qui exerce également une influence importante sur la politique coloniale en Cisjordanie, a alors ouvertement lié la construction à la blocage de la création d'un État palestinien.

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Smotrich a déclaré que la création d'une nouvelle réalité sur place "enterrera définitivement" l'idée d'un État palestinien. Le projet, qui prévoyait plus de 3 400 appartements, avait suscité alors de vives critiques de la part des Palestiniens, des États européens et des organisations internationales.

L'ONU considère les colonies comme une violation du droit international

Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté en décembre 2016 la résolution numéro 2334, selon laquelle les colonies israéliennes sur le territoire palestinien occupé depuis 1967, y compris Jérusalem-Est, ne sont pas juridiquement valables et constituent une violation grave du droit international.

La résolution appelait également Israël à cesser immédiatement et complètement toutes activités de colonisation. L'ONU a constaté en juin 2026 qu'une telle cessation n'avait pas eu lieu, et que l'expansion des colonies se poursuivait.

Israël rejette depuis longtemps une partie des conclusions du droit international concernant les colonies, et considère le statut de la Cisjordanie comme litigieux. Le gouvernement actuel dirigé par Benjamin Netanyahou promeut en même temps une expansion significative de la présence israélienne sur ce territoire.

La controverse autour d'E1 ne se limite donc pas à quelques milliers de nouveaux appartements. Il s'agit d'une des zones les plus sensibles sur le plan géographique et politique de l'ensemble du conflit israélo-palestinien. Si le projet est réalisé dans la mesure prévue, ses critiques avertissent qu'il deviendra encore beaucoup plus difficile de créer un État palestinien territorialement contigu.