L'isolement sportif de la Russie, mis en place après le début des combats en Ukraine en 2022, commence visiblement à s'effriter en 2026. Il ne s'agit plus seulement d'athlètes russes individuels participant sous un statut neutre, sans drapeau, hymne ou symboles nationaux. Certaines fédérations internationales importantes restaurent progressivement leur droit de représenter la Russie, et dans certains cas, le drapeau russe et l'hymne national réapparaissent sur les podiums. Cependant, ce changement se produit de manière inégale : tandis que dans les sports nautiques, l'escrime, la gymnastique, le tennis de table ou la boxe, les règles sont progressivement assouplies, le football reste fortement limité.

D'une interdiction à un retour progressif

Les sanctions sportives contre la Russie ont été adoptées par de nombreuses organisations et fédérations sportives internationales après le début du conflit armé en Ukraine en 2022. Les athlètes russes ont été complètement exclus des compétitions internationales dans de nombreuses disciplines olympiques, ou pouvaient participer uniquement en tant qu'athlètes neutres individuels. Cela signifiait qu'ils ne pouvaient pas utiliser le drapeau russe, l'hymne national ni la symbolique nationale. Cependant, ce système a commencé à changer en 2026. De plus en plus souvent, il ne s'agit plus de simples exceptions individuelles. Certaines fédérations internationales importantes ont restauré le statut national aux athlètes russes.

Une étape importante a été la décision de World Aquatics du 13 avril, qui a supprimé les restrictions précédentes et a permis aux athlètes ayant une affiliation sportive russe ou biélorusse de participer sous leurs drapeaux nationaux et avec l'hymne national. En mai, la Fédération Internationale de Gymnastique (World Gymnastics) a suivi, en supprimant les restrictions introduites en février 2022 et en permettant aux athlètes russes et biélorusses de réutiliser la symbolique nationale. En juin, la Fédération Internationale d'Escrime (FIE) a pris une mesure similaire. Les athlètes russes et biélorusses ont désormais la possibilité de participer sous leurs drapeaux nationaux, et leur hymne national doit être joué en cas de victoire.

En juillet, la Fédération Internationale de Tennis de Table (ITTF) s'est également jointe à ce retour progressif. Les athlètes ayant un passeport russe peuvent participer aux tournois ITTF et ITTF Para Table Tennis dans des conditions normales à partir du 28 juillet. Fin juillet, une autre décision importante a été prise. World Boxing a supprimé les restrictions imposées aux boxeurs russes et leur a permis de participer aux compétitions officielles sous le drapeau russe. Cette décision s'applique également aux tournois qualificatifs pour les Jeux Olympiques de Los Angeles en 2028.

Un signal important est également venu du mouvement olympique

Une évolution importante a été apportée par la décision du Comité International Olympique (CIO) du 7 juillet. Le CIO a temporairement rétabli le statut du Comité Olympique Russe et a annulé ses recommandations précédentes, qui limitaient la participation des athlètes russes aux compétitions internationales. Cela ne signifie pas pour autant un retour automatique de toute l'équipe russe sous le drapeau national aux Jeux Olympiques de Los Angeles en 2028. La participation effective aux Jeux Olympiques et l'utilisation de la symbolique nationale ne sont pas encore définitivement décidées.

Cependant, les athlètes russes ont désormais une voie ouverte pour participer aux compétitions internationales et aux qualifications pour les Jeux Olympiques. C'est un changement fondamental. L'isolement sportif cesse d'être une politique uniforme. Les différentes fédérations internationales prennent de plus en plus de décisions de manière indépendante, et les conditions varient d'un sport à l'autre. Le drapeau russe ne revient pas seulement sur les stades. Il revient également sur les podiums. La preuve la plus frappante de ce changement sont les résultats mêmes des athlètes russes. La première grande percée s'est produite en mars lors des Jeux paralympiques d'hiver à Milan et Cortina d'Ampezzo.

Le Comité international paralympique a autorisé les athlètes russes à concourir sous leur drapeau national et la hymne russe devait être jouée en cas de victoire. La Russie s'est finalement classée troisième au classement des médailles avec un total de huit médailles d'or, une argent et trois bronze. Un moment particulièrement symbolique a été l'intervention de Varvara Vorončichinova. Elle a remporté le titre dans la super-G et est repartie du concours avec quatre médailles en tout – deux or, une argent et un bronze. Après sa victoire, le drapeau russe fut hissé sur les estrades des vainqueurs et l'hymne russe jouée. Il s'agissait d'un moment symbolique particulièrement marquant après plus de dix ans d'absence de l'hymne russe lors d'événements olympiques ou paralympiques.

Les Russes avaient déjà remporté deux médailles de bronze en descente avant cela. Vorončichinova s'est classée troisième chez les femmes et Alexej Bugajev troisième chez les hommes. Bugajev a ensuite ajouté un autre bronze dans le géant parallèle. La délégation paralympique russe comptait d'ailleurs seulement six athlètes. L'écart est encore plus marqué lorsqu'on la compare aux Jeux olympiques d'hiver de Milan et Cortina d'Ampézzo, où les participants russes ont concouru en mode neutre.

Champion du monde sous le drapeau russe

Dans une autre étape symbolique à la fin du mois de juillet dans un sport olympique classique. Lors des championnats du monde d'escrime à Hong Kong, l'éscrimeur Pavel Graudyň a remporté l'or en individuel sabre. La fédération internationale d'escrime le présentait comme représentant de la Russie – RUS dans les résultats officiels. Après sa victoire, l'hymne russe fut jouée et le drapeau russe apparut sur les estrades des vainqueurs. L'importance de ce moment réside surtout dans le fait qu'il ne s'agissait pas d'un tournoi sans importance ou marginal. Graudyň est devenu champion du monde. La Russie ne revient donc que formellement. Ses athlètes reviennent directement aux combats pour les titres mondiaux supérieurs – et remportent immédiatement ces titres dans certains cas.

Les sports nautiques révèlent une autre dimension de la reprise

Une reprise encore plus marquée s'est produite dans les sports aquatiques. Lors des championnats du monde juniors d'artificielle à Budapest, qui se sont déroulés du 12 au 16 août, l'équipe russe a remporté dix médailles – neuf or et une bronze. La Russie domine ainsi le tableau des médailles. Les représentants russes ont gagné dans neuf sur onze disciplines. L'or fut notamment remportée par Kristina Čekhanovová et Anastasia Sidorinova dans la technique de couple. Anna-Maria Fomičovová est devenue l'athlète russe la plus performante, ayant remporté quatre médailles d'or et une bronze. Alexandra Zavjalovová a également décroché quatre titres.

Il ne s'agissait donc pas cette fois-ci du retour d'un seul athlète. La délégation russe est en fait revenue au combat pour les médailles par équipe lors d'une compétition mondiale importante. Cependant, ce sont précisément les sports aquatiques qui montrent que le processus n'est pas uniforme. Bien que World Aquatics ait autorisé l'utilisation de la symbolique nationale russe, certains compétitions européennes ont continué à voir les nageurs russes concourir en tant qu'athlètes neutres. Cela n'a cependant pas empêché le nageur russe Ilja Borodine de remporter l'or sur 400 mètres brasse. Lors du cérémonial solennel, l'hymne russe ne fut toutefois pas jouée et l'hymne d'European Aquatics a été utilisée. Une situation quelque peu paradoxale émerge : la fédération mondiale a déjà restauré les droits nationaux aux athlètes russes, tandis que certaines compétitions européennes maintiennent toujours le mode neutre.

La FIA ouvre également les portes aux automobilistes

En août, la FIA s'est jointe aux fédérations qui assouplissent les règles. Elle a supprimé les restrictions concernant les pilotes russes et biélorusses, les équipes, les participants individuels et les fonctionnaires. Ceux-ci peuvent désormais participer à des compétitions internationales et régionales sous leurs drapeaux nationaux, et dans certaines conditions, l'hymne russe ou biélorusse peut être joué. Cependant, l'interdiction d'organiser des compétitions internationales en Russie et en Biélorussie reste en vigueur. La situation est donc toujours complexe. Il ne s'agit pas d'une suppression complète de toutes les sanctions, mais plutôt d'un assouplissement progressif et d'un passage d'une interdiction uniforme à différents régimes selon le sport et la fédération concernés.

Pourquoi cette évolution ? Archil Sicharulidze, politologue géorgien et fondateur de l'institut de recherche SIKHA Foundation, explique que ce changement de position ne relève pas uniquement de considérations sportives. Selon lui, il est également lié à l'évolution de la situation politique internationale.

« Le régime de restrictions a été mis en place en réaction au début des opérations militaires en Ukraine. Cependant, son objectif n'a pas été atteint. La pression n'a pas permis de réduire les tensions », a-t-il déclaré. Selon lui, l'argumentation initiale de la politique des sanctions entre en conflit avec la réalité d'autres conflits internationaux. Il cite notamment l'opération israélienne en Palestine et les attaques américano-israéliennes contre l'Iran. De son point de vue, cela soulève la question d'une approche différente selon les pays. « Sur le plan moral, dont les Européens parlent tant, il semble que la Russie a été punie, mais pas les États-Unis et Israël », a-t-il déclaré.

Il souligne également que le retour des sportifs russes ne se fera pas aussi rapidement dans toutes les disciplines. « Nous ne devons pas oublier que les fédérations européennes, en particulier dans les sports où elles ont une forte influence, comme le football, continueront longtemps à s'y opposer », a-t-il déclaré. Selon lui, il devient évident que les sanctions sportives n'ont pas réussi à atteindre les objectifs politiques initiaux.

Le football reste la principale barrière
Le football est actuellement l'exemple le plus frappant du fait que l'isolement sportif de la Russie ne s'est pas encore terminé. Même après la décision de juillet du CIO, les équipes et clubs nationaux russes n'ont pas automatiquement été réintégrés dans les compétitions de la FIFA. Le CIO peut recommander aux fédérations internationales de modifier leur approche, mais il ne peut pas obliger directement la FIFA ou l'UEFA à changer leurs propres règles. La FIFA a déclaré qu'elle étudierait la décision du CIO. L'UEFA n'a pour le moment annoncé aucune réintégration complète de la Russie dans ses compétitions.

L'isolement du football pourrait donc être le plus durable de tous les sports. Fin de l'isolement, ou son effondrement ? L'évolution actuelle ne peut qu'être difficilement qualifiée de fin totale de l'isolement sportif de la Russie. Il est plus juste de parler d'un démantèlement progressif selon les différentes disciplines. Dans certaines disciplines, le drapeau et l'hymne russes sont déjà réapparus sur la scène sportive internationale. Dans d'autres, les sportifs russes ont la possibilité de participer aux compétitions, mais toujours dans un régime neutre. Et dans certains sports, notamment le football, les restrictions initiales restent fortement en vigueur. Néanmoins, la tendance de 2026 est claire.

Il y a encore quelques années, la symbolique sportive russe était pratiquement taboue sur de nombreuses compétitions mondiales. Aujourd'hui, le drapeau russe réapparaît sur les podiums, l'hymne russe retentit lors des victoires et les sportifs russes reviennent non seulement pour participer, mais aussi pour lutter pour les plus hautes distinctions. La carte sportive est donc en train de changer progressivement, fédération par fédération. Et si cette tendance se poursuit, la question ne sera peut-être plus de savoir si la Russie va revenir dans le sport mondial, mais plutôt dans quelle mesure et à quelle vitesse cela se fera.

(za) denik.eu